Le journal d'un comédien, avec des dessins et de l'humour, dedans.
Tout petit je gribouillais !
Plus tard, j'étais moins petit, beaucoup moins même, mais toujours je gribouillais. Le Lycée était pour moi comme un immense atelier créatif. Quel bonheur l'année ou le prof de Commerce nous distribuait allègrement une quinzaine de photocopies à chaque cours. J'attaquais le verso des feuilles avec hargne et voracité, comme je me serais jeté sur un plat de spaghettis bolognaise. Et ce bien sûr, sous l'oeil attentif de mon voisin de table qui ne manquait pas de lire chacune de mes mini-BD un peu cracra, un peu bizarre et très private-joke. Il m'encourageait souvent : "c'est nul !", "je comprends rien !" ou parfois "22 ! planque ! planque!". Bref, une bien belle équipe créative. C'est lui qui gardait une grande partie des précieuses feuilles à la fin du cours, il les rangeait bien soigneusement dans une chemise prévue à cet effet, me promettant qu'il me rendrait le tout à la fin de l'année. Cet âne a d'ailleurs, une année, perdu la chemise en question (oubliée dans une salle). Je me suis senti volé !
Notre binome a fonctionné jusqu'à ce que la fin des études nous sépare.
J'ai posé mon crayon pour prendre le chemin du théâtre, lâcher les planches de BD pour monter sur celles d'une scène.
Les années ont passé comme ça et je ne m'en plains pas.
Je dessine avec mon corps derrière le rideau rouge, peins avec ma voix, gomme avec mon imagination. Je remplis des pages volantes.
Néanmoins, depuis quelques temps, les doigts me démangeaient.
J'ai repris mon crayon, j'ai eu l'impression de retrouver un vieux copain de classe.
Je me suis même inscrit à un atelier tellement l'ambiance du cours me manquait !
C'est pour dire !
